À quinze minutes de la maison, la Tour Carbonnière est l'une des sorties les plus saisissantes de toute la Camargue. Elle surgit sans prévenir au milieu des marais, près de Saint-Laurent-d'Aigouze. Cette tour de guet médiévale solitaire fut construite à la fin du XIIIe siècle pour contrôler le seul passage terrestre vers la cité fortifiée d'Aigues-Mortes. Un texte de 1346 la décrivait comme « la clef du royaume en ce pays » : on mesure mieux, depuis sa terrasse, ce que cela signifiait.
Aujourd'hui, un ponton en bois traverse les roseaux et les zones humides jusqu'au pied de la tour. On monte les marches, on débouche sur la terrasse, et le panorama s'ouvre d'un coup sur la Petite Camargue dans toute son étendue : marais, étangs qui miroitent, roselières, et par temps clair, les silhouettes lointaines du Mont Ventoux et du Pic Saint-Loup.
La faune est l'autre bonne raison de venir. Selon la saison, flamants roses, hérons cendrés, aigrettes garzettes, cygnes, poules d'eau et ragondins fréquentent les marais en contrebas. Au loin, les chevaux blancs et les taureaux noirs de Camargue paissent dans les pâturages. On les repère sans chercher.
Histoire, nature et belvédère : la Tour Carbonnière fait tout ça à la fois. Elle est particulièrement belle au lever ou au coucher du soleil, quand la lumière effleure les marais et que les couleurs changent de minute en minute.
Ceux qui veulent en faire une vraie matinée partiront du village de Saint-Laurent-d'Aigouze à pied ou à vélo. Le trajet aller-retour fait environ 12 kilomètres, sur un chemin plat qui longe l'ancienne chaussée et les berges du canal du Rhône à Sète au cœur des marais. Le sol est praticable toute l'année dans l'ensemble : un mélange de piste compactée et de caillebotis en bois posé directement sur les zones humides. Attendez-vous à de la boue après les pluies hivernales. Le terrain reste accessible à tous les niveaux, à pied comme à vélo.
Les chiens sont les bienvenus sur tout le parcours, tenus en laisse comme le demande ce milieu naturel protégé. Mieux vaut les garder sur le chemin plutôt que de les laisser s'aventurer dans les roselières : des oiseaux nicheurs s'y trouvent une bonne partie de l'année, et les fossés sont parfois plus profonds qu'ils n'en ont l'air. Cela dit, ce n'est pas un terrain difficile, et un chien calme y trouvera autant à faire que vous. Les odeurs, à en juger par les comportements, semblent être une affaire sérieuse.
Le meilleur moment reste tôt le matin, quand la lumière arrive à plat sur les étangs et que les marais sont encore silencieux. Les flamants sont quasi certains dès les beaux mois, souvent visibles depuis le chemin même. Les jours sans vent, les reflets dans l'eau brouillent les repères. Le même rose, le même ciel, en haut et en bas.
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