Il y a une semaine particulière en Petite Camargue, souvent la première vraie semaine de septembre, où l'année semble souffler. Les familles venues en juillet et en août ont rechargé la voiture et repris la route du nord. Les cigales se sont tues. Et la chaleur, qui en août pèse sur la plaine comme une chape, s'est muée en quelque chose de vivable. Le thermomètre monte jusqu'au milieu de la vingtaine, parfois un peu plus. Les matins sont assez frais pour prendre le café dehors sans plisser les yeux. C'est la Camargue que ceux qui connaissent la région gardent pour eux.
Si votre rentrée est tardive, ou s'il n'y a pas de rentrée du tout, septembre est le mois où ce paysage vous appartient presque entièrement.
La météo travaille pour vous
Le mois d'août est magnifique ici, mais il exige quelque chose de vous. On organise sa journée autour du plein midi. On garde les volets clos jusqu'au soir. Septembre est plus accommodant. Les maximales s'installent autour de 25 à 28°C dans la première quinzaine, puis fléchissent doucement au fil des semaines, et les nuits redescendent vers 15 ou 16 degrés, exactement ce qu'il faut pour dormir les fenêtres ouvertes. La journée respire davantage. On peut arpenter les remparts salés d'Aigues-Mortes à deux heures de l'après-midi sans le regretter.
La piscine de la maison garde sa chaleur une bonne partie du mois, et la Méditerranée, à vingt-cinq minutes de route, affiche encore 21 ou 22 degrés. C'est le tour que la mer joue dans cette région : elle passe tout l'été à se réchauffer et n'atteint sa température la plus accueillante qu'au moment où chacun croit la saison terminée. Les plages du Grau-du-Roi et de La Grande-Motte, bondées en août, se vident. On peut se baigner en septembre avec l'impression que l'eau a été laissée là pour vous seul.
Les moustiques, qui font partie de la vie camarguaise et qu'il serait malhonnête de passer sous silence, se font aussi plus rares à mesure que les eaux stagnantes se retirent. Ils ne disparaissent pas, mais les soirées dehors sont nettement plus clémentes qu'au cœur de l'été.
Les deux grandes férias : le riz, puis le vin
Septembre, c'est le moment où la région se rassemble pour célébrer la fin de l'année agricole, et elle le fait deux fois, dans deux des plus belles cités romaines de France. Arles et Nîmes sont des vestiges vivants de l'Empire : leurs grandes arènes se dressent toujours au centre de chaque ville, près de deux mille ans plus tard, mais elles ne sont que la part la plus imposante de l'héritage romain. Arles conserve son théâtre antique, ses thermes et son cryptoportique ; Nîmes possède la Maison Carrée, l'un des temples romains les mieux préservés au monde, et la Tour Magne qui domine la ville. Que ces deux cités remplissent encore leurs arènes pour leurs férias de septembre, à moins d'une heure de la maison, ajoute au plaisir.
Vient d'abord la Feria du Riz, à Arles, qui tombe en 2026 sur le week-end du 11 au 13 septembre. Son nom n'a rien d'ornemental. La Camargue est l'un des rares endroits de France où l'on cultive le riz, dans les rizières inondées du delta, et la récolte bat son plein tout au long du mois. La feria la célèbre. Trois jours durant, Arles se livre à la fête : courses camarguaises dans les arènes, abrivados dans les rues où les gardians à cheval mènent les taureaux entre les barrières, bodegas d'où débordent la musique, la paella et les verres de rosé jusque tard le soir. C'est la petite cousine, plus locale, de la célèbre feria de Pentecôte, et beaucoup la préfèrent pour cette raison même.
Une semaine plus tard, c'est au tour de Nîmes. La Feria des Vendanges se tient le troisième week-end, du 18 au 20 septembre en 2026, et elle fait pour la récolte du raisin ce qu'Arles fait pour celle du riz. Les vendanges sont en cours dans les vignes des Costières de Nîmes qui ceinturent la ville, l'appellation la plus méridionale de la vallée du Rhône, façonnée par le même mistral et les mêmes brises marines qui traversent la Camargue. Nîmes célèbre dans le même registre : taureaux, chevaux, bodegas et casitas le long des boulevards, où l'on sert la gardianne de taureau et les vins du pays. Les familles y viennent. C'est le genre de soirée sur laquelle on tombe un samedi et dont on se souvient des années durant.
Les deux férias comprennent des corridas dans leur programme : la tauromachie espagnole, qui attire de grandes foules et reste, ici comme partout, un sujet sur lequel chacun a son opinion. Si ce n'est pas votre univers, voici la bonne nouvelle : on peut ignorer complètement les arènes et vivre malgré tout toute la feria. Le cœur de ces week-ends est dans les rues, pas dans le rond. Les bodegas, les bandas qui passent d'une place à l'autre, les casitas et leurs longues tablées, les courses camarguaises où le taureau n'est jamais blessé et où le sport tient à l'agilité des raseteurs qui le frôlent, le simple spectacle de deux cités antiques qui s'animent à la nuit tombée. Tout cela est gratuit, et tout cela est l'essentiel. Suivez le son des cuivres, trouvez une table, commandez un verre de vin local et laissez la soirée vous emporter. Les programmes des arènes paraissent plus près des dates, publiés par les arènes elles-mêmes, pour qui les veut.

Des traditions plus douces, tout près
Toutes les fêtes de septembre ne passent pas par les arènes, et deux des plus belles se trouvent à deux pas.
Le samedi 5 septembre, la petite ville des Saintes-Maries-de-la-Mer donne sa Fête de la Saladelle. La saladelle, c'est cette discrète fleur violette qui tapisse les marais salants à la fin de l'été, l'un des emblèmes de la Camargue au même titre que le flamant rose et le cheval blanc, et la ville la fête par un défilé à l'ancienne : attelages d'autrefois, transhumance de moutons dans les rues, Arlésiennes en costume traditionnel, groupes folkloriques, et un spectacle l'après-midi dans les arènes, avec présentation de cavaliers et abrivado en piste. Les animations de rue sont gratuites, le spectacle aux arènes coûte quelques euros, et l'ensemble a le charme d'un village qui se rassemble pour lui-même plutôt que pour les visiteurs. Difficile d'imaginer une entrée en matière plus chaleureuse dans la tradition camarguaise.
Il y a ensuite Le Grau-du-Roi, le port de pêche en activité à quelques minutes au sud, qui fête en 2026 les quatre-vingts ans de sa fête votive. Présente depuis 1946, elle occupe une bonne partie du mois de septembre : abrivados, bandidos, courses camarguaises, bals, et quelque chose que l'on ne voit pas dans les terres : les joutes languedociennes, ce vieux jeu où deux jouteurs juchés sur des tintaines sont menés à la rame l'un vers l'autre pour tenter de se faire tomber au canal. C'est le mélange bien à elle du Grau, entre terre et mer, et pour une édition anniversaire il vaudra la peine d'y caler une visite. Les dates exactes de 2026 varient d'une année sur l'autre : renseignez-vous auprès de l'office de tourisme du Grau-du-Roi avant de partir. Le port, de toute façon, mérite qu'on y passe un après-midi, et se glisse facilement dans une journée de plage.

Le calme que les oiseaux préfèrent
Les flamants roses ne partent pas. Ils sont là toute l'année et, si leur nombre culmine au printemps quand des dizaines de milliers se rassemblent pour nicher, septembre offre encore de belles observations, tout près, au Parc ornithologique du Pont de Gau, où les sentiers serpentent à travers le marais et où les oiseaux se tiennent dans les vasières à quelques mètres de vous. Ce qui change en septembre, c'est la fréquentation. Les foules de l'été sont reparties, et la plupart des autres observateurs avec elles, ce qui laisse la réserve plus paisible et la lumière plus douce. La migration d'automne commence : le marais se remplit de limicoles et de canards de passage, en route vers le sud.
Dans les champs, la récolte du riz donne à septembre sa toile de fond laborieuse. On cultive le riz ici depuis l'endiguement du Rhône, dans les années 1850, et aujourd'hui quelque deux cents riziculteurs camarguais produisent près du tiers du riz consommé en France, une culture protégée depuis 2013 par sa propre IGP. Le riz rouge est celui qu'il faut chercher : un riz complet au goût de noisette, présent sur toutes les bonnes cartes locales et dans la paella de chaque feria. Tout au long du mois, les rizières restées sous une lame d'eau tout l'été sont drainées puis moissonnées, et les machines avancent lentement sur le delta pour rentrer la récolte. Les chevaux blancs et les taureaux noirs sont là où ils sont toujours, dans les manades, et une visite matinale dans un élevage se réserve plus facilement une fois passée la ruée de la haute saison. C'est le paysage qui a donné son nom à la région, et septembre efface les foules qui parfois s'interposent entre vous et lui.
Une semaine à la maison, au rythme de septembre
Ce qui fait septembre à La Maison d'à Coté, ce n'est pas telle ou telle sortie. C'est le rythme. Nulle hâte à devancer la chaleur, aucune file d'attente, pas besoin de réserver le dîner une semaine à l'avance. Les journées se remplissent, ou se vident, à votre gré.
Les matins sont pour les marchés. Aimargues tient un marché de producteurs le dimanche, à quelques minutes de la maison, et la semaine vous ouvre le choix des marchés de village de la Petite Camargue : étals de tomates encore tièdes du champ, olives, miel, fromage de chèvre, et les derniers melons de l'été. Remplissez un panier, et la moitié de vos repas de vacances est réglée. La maison a la cuisine et la grande table qu'il faut pour cela, et le jardin garde la chaleur du jour pour un déjeuner tardif dehors.
Les après-midi s'étirent. La chaleur retombée, les chemins plats entre les vignes et les rizières se prêtent au vélo : doux, ombragés par endroits, et presque sans voiture une fois les vacanciers d'été partis. Aigues-Mortes est à deux pas : on peut faire tout le tour de ses remparts médiévaux en septembre sans le soleil de juillet sur la nuque, puis pousser jusqu'aux Salins du Midi voisins, où le sel s'entasse en buttes d'un blanc aveuglant, au bord d'une eau que teintent de rose les mêmes micro-organismes qui colorent les flamants. C'est l'un des spectacles les plus étranges et les plus photogéniques de la région, et il reste ouvert toute la saison.
Et quand on a fait le plein de sorties, la maison rend le farniente facile. La piscine est chaude. Les soirées sont assez longues pour un dîner qui s'éternise et assez fraîches, à la fin, pour vouloir un pull léger. Servez-vous un verre de vin des sables, ce gris pâle et légèrement salin qui pousse sur les dunes du littoral, juste au sud d'ici, et regardez la lumière décliner. On a le temps de ne pas faire grand-chose, ce qui, en septembre, est précisément le but.
Trouver le bon équilibre
La seule réserve, en toute franchise : septembre est une arrière-saison parce que la météo, aussi belle soit-elle, est un peu moins sûre qu'en plein été. Vous pouvez tomber sur un jour de pluie. Le mistral peut encore souffler, même si Aimargues occupe une poche plus abritée que la plaine ouverte à l'est et échappe en général au pire. Glissez un pull léger pour le soir et vous ne serez pas pris au dépourvu.
En échange, vous avez des routes tranquilles et une eau tiède. Vous avez deux grandes férias et deux fêtes plus douces en l'espace de quinze jours. Vous avez des tables de restaurant sans réserver quinze jours à l'avance, des marchés au sommet de leur fin d'été, et un paysage qui, quelques semaines durant, se fait presque intime. Pour les couples, pour les amis qui voyagent sans enfants, pour tous ceux dont l'agenda n'est pas réglé par la sonnerie de l'école, c'est la fenêtre à saisir. La Petite Camargue en septembre vous offre tout ce que l'été donne, à un rythme que l'été ne permet jamais.
Encore disponible — septembre 2026
La Petite Camargue rien que pour vous
La Maison d'à Coté accueille jusqu'à 11 personnes et se loue à la semaine tout au long de septembre. Journées douces, plages tranquilles et les férias des récoltes à votre porte.
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